Deux styles, deux ateliers

Les mosaïques de Loupian relèvent de deux sources stylistiques distinctes. Les pavements des salles de réception évoquent par bien des aspects les réalisations de l’Aquitaine de l’Antiquité tardive. On note une prédilection pour les motifs naturalistes, avec une prépondérance pour la vigne, comme ornement de remplissage ou décor principal. Dans le triconque, ils sont associés à des figures à valeur allégorique comme la frise de cornes d’abondance de l’abside E’ ou bien avec une représentation architecturale, les colonnes d’un portique dans la salle principale E.

Les pièces secondaires offrent des compositions du style arc-en-ciel, qui se développe en Syrie à partir de la fin du IVe siècle. Ces mosaïques se caractérisent par un répertoire plus strictement géométrique, ainsi que par des motifs propres, comme ces lignes brisées et accolades en dégradé de couleurs. La composition en octogone développé de la pièce B, est fréquemment utilisée à Antioche. La trame en croix de U des pièces J et E font partie des rares exemples gaulois d’un schéma décoratif en vogue en Méditerranée orientale.

Deux ateliers sont intervenus dans le cadre d’une commande d’ensemble. Un même marbre a été utilisé pour les pièces aux styles distincts. Des « tours de mains » différents ont été identifiés pour des motifs simples et fréquents comme la tresse d’entrelacs. Ces véritables signatures d’atelier permettent d’identifier leur travail respectif et de confirmer les interprétations stylistiques.

Médias

Document interactif - Détail de l'abside E'

Détail de l'abside E'

Détails de la frise de cornes d'abondance de l'abside E'.
© ArchéOfactory

Le travail de deux équipes sur un même chantier

Les deux trames de gris (1) et (2) correspondent aux deux modes de réalisation du motif (en blanc, mosaïques n’utilisant pas le motif d’entrelacs). D’un point de vue stylistique, les pavements des grandes salles de la résidence seraient de type aquitain alors que les mosaïques de certaines pièces secondaires renvoient à un style syrien, en particulier les pièces B et C étant les plus caractéristiques.
© Ch. Pellecuer, MCC-DRAC Languedoc-Roussillon