Des recherches toujours d’actualité

Les recherches sur la villa connaissent aujourd’hui d’indéniables mutations, permettant de dépasser les conceptions surannées qui ont entaché pendant un temps l’étude de ce type de site. L’exploitation domaniale devient un thème prometteur de l’archéologie aujourd’hui.

Le nombre grandissant des fouilles permet de s’affranchir d’une réflexion circonscrite à quelques sites de référence, un ou deux par région selon une situation qui reflétait encore la réalité il y a une vingtaine d’années. L’archéologie préventive a été déterminante pour constituer de véritables séries. Les trajectoires individuelles de ces entreprises domaniales, patiemment reconstitués, offriront à terme une base plus solide pour dessiner des profils d’évolution régionale.

Les aménagements luxueux ne polarisent plus l’attention des fouilleurs. La résidence est abordée dans le cadre de décapages extensifs touchant dorénavant toutes les parties de la villa. Le fundus devient également objet d’études, mobilisant la géoarchéologie et les disciplines du paléoenvironnement. On s’interroge de même sur la répartition ce type de site rural, dans le cadre d’une région, d’une cité antique, jusqu’à envisager une géographie de la villadans les provinces de la Gaule.

L’élargissement du champ d’étude est aussi d’ordre chronologique, si l’on considère la villa non seulement comme un signe de romanisation, mais aussi comme une étape dans la domination des campagnes par les élites, entre la fin de l’âge du Fer et l’époque féodale.

Médias

Carte archéologique nationale

1/ Semi de points : grâce au travail quotidien des services régionaux de l’archéologie, il est possible de recenser les sites et indices de sites connus grâce aux fouilles et aux prospections, dans une base de données unique, Patriarche, couplé à un système d’information géographique (SIG). Outre sa vocation de gestion et de protection du patrimoine archéologique, la base Patriarche est aussi un outil scientifique unique. Parmi plusieurs dizaines de milliers d’informations (entités archéologiques), il est possible d’établir des représentations cartographiques sur des thèmes intéressant la recherche, comme ici les sites de villas gallo-romaines connus à ce jour en France. 2/ Carte de densité : si l’on connaît des villas dans l’ensemble des régions métropolitaines, la répartition des villas dans les provinces gauloises montre de très fortes inégalités dans la répartition, privilégiant la frange méditerranéenne, la vallée du Rhône et le Nord-Est. Des densités plus faibles sont perceptibles pour le grand Ouest, voire pour le Sud-Ouest. Certaines de ces concentrations peuvent être le résultat d’une plus grande intensité et efficacité de la recherche de terrain, comme en Picardie avec les prospections aériennes de l’archéologue Roger Agache. Ces différences peuvent être significatives pour l’historien et révéler d’importantes nuances d’ordre économique et peut-être culturelle dans le développement des provinces de la Gaule.
© MCC - SDA, Patriarche
Document interactif - villa à Marquion

villa à Marquion

Diagnostics archéologiques préalables à la construction du canal Seine-Nord-Europe (2009) : vue aérienne d'une villa gallo-romaine à Marquion (Pas-de-Calais). Responsable scientifique : Denis Gaillard, Marquion (Pas-de-Calais), 2009.
© Philippe Fruitier-Altimage / INRAP
Document interactif - La villa de Magny-Cours (Nièvre), une opération de fouille préventive en 2009

La villa de Magny-Cours (Nièvre), une opération de fouille préventive en 2009

Responsable scientifique : Maxence Segard (Archéodunum)
© Maxence Segard