La villa de Richebourg : jardin et sanctuaire

Un domaine en activité jusqu’au IIIe siècle

Près de la vallée de l’Eure, aux limites des cités des Carnutes et des Aulerques Eburovices, la villa de Richebourg est placée le long d’une voie reliant Diodurum (Jouars-Pontchartrain) et Durocassio (Dreux). Les recherches d’Yvan Barat (Service archéologique départemental des Yvelines) ont montré qu’une première villa est édifiée dans les décennies suivant la conquête de la Gaule. Un bâtiment aux solides fondations est élevé à l’intérieur d’un enclos. L’utilisation dans la construction de mesures en pieds romains, la découverte d’une intaille à l’image d’Octave suggèrent une romanisation précoce.

Durant le Ier siècle de notre ère, un programme architectural d’envergure voit le jour. À l’intérieur d’une cour trapézoïdale d’environ 5 000 m2, une résidence à galerie de façade sera ensuite dotée d’une galerie arrière et de pavillons, avec des bains dans les adjonctions les plus développées. En vis-à-vis, s’élève une tour-grenier fortifiée, destinée à centraliser des collectes de blé d’origine fiscale. Une seconde cour contiguë, de 7 à 8 ha, est agricole, avec des bâtiments distribués autour d’un chemin aménagé.

Au milieu du IIIe siècle, la résidence est désertée et la cour agricole abandonnée. Des constructions à poteaux de bois occupent l’ancienne cour du maître, ainsi qu’un nouveau bâtiment en dur, abritant un séchoir pour la conservation des céréales ou des viandes. Des activités agricoles se maintiendront durant tout le siècle après le départ du propriétaire. Jardin d’agrément et « chapelles » cultuelles

Le jardin de la villa se développe entre la résidence et la tour-grenier, autour de deux chemins empierrés délimitant quatre plates-bandes. La terre végétale rapportée est enrichie d’engrais avec de nombreux débris de coquilles marines, de charbons et de cendres. Plus de 150 pots horticoles, en place, dessinent un quadrillage orthogonal de 4 mètres de côté. Ces récipients aux parois trouées sont utilisés pour la plantation, de boutures ou de plants achetés. L’analyse de pollens a fourni de rares indications sur les espèces du jardin, des espèces importées, des conifères, du lilas et peut-être de l’olivier. De trous de poteaux bordant les chemins permettent de restituer des pergolas. D’autres aménagements ornementaux sont réalisés en façade de la résidence.

L’aire cultuelle est située dans la cour secondaire, près de l’accès à l’enclos résidentiel. Quatre édifices sont disposés au bord d’une voie de desserte. Le plus grand, un fanum de type gaulois, comprend une cella carrée de 8,4 mètres cernée d’une galerie. Au centre, une fosse livre des offrandes, des monnaies ou des fragments de statuettes de Vénus. Vient ensuite un groupe de trois autres « chapelles » : deux édicules carrés de pierres sont de taille décroissante. Il y a été découvert une hache en roche polie, dans l’Antiquité un objet magique lié à la foudre. Le dernier édifice à quatre poteaux pouvait abriter une idole de pierre ou de bois. On ignore tout des divinités qui étaient vénérées dans ce sanctuaire privé.
Document interactif - La villa de Richebourg, plan d’ensemble

La villa de Richebourg, plan d’ensemble

A l’est, l’enclos de la partie résidentielle ; à l’ouest, les communs avec des constructions disposées en deux files.
© Y. Barat, Service archéologique départemental des Yvelines
Document interactif - La partie résidentielle de la villa de Richebourg et ses différents corps de bâtiments

La partie résidentielle de la villa de Richebourg et ses différents corps de bâtiments


© Y. Barat, Service archéologique départemental des Yvelines
Document interactif - Les jardins de la villa de Richebourg

Les jardins de la villa de Richebourg

La découverte de trous de poteau, de pots horticoles et de divers aménagements permet de reconstituer l’organisation générale de ces jardins.
© Y. Barat, Service archéologique départemental des Yvelines